des fois, c’est presque artistique…

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Tagué : vancouver

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Le best-seller des articles promotionnels Vancouver 2010, sans aucun doute, ce sont les mitaines rouges. Anneaux olympiques sur le dos de la main, feuille d’érable sur la paume, leur petit côté tricoté maison et un peu enfantin font un tabac. Mais pas seulement. Vendues seulement 10 dollars, chaque paire soutient directement les athlètes canadiens.

Les 12 000 porteurs de la flamme qui courent dans plus de 1 000 communautés canadiennes pour le relais de la flamme olympique portent ces mêmes mitaines.
Au superstore olympique The Bay (c’est un peu le Globus local), c’est la ruée. Il y en a des mètres et des mètres linéaires, des toutes petites pour les enfants jusqu’au 3XXL pour les grands grands garçons…. et les mitaines rouges partent comme des petits pains. Les touristes et les Canadiens en achètent par dizaines, c’est le cadeau idéal et sympa, tellement typique.
Il faut dire que c’est le seul article qui rappelle la couleur du drapeau canadien dans tout le merchandising olympique. En effet, la palette officielle de Vancouver 2010 se décline dans les teintes froides, du vert au bleu, du blanc au gris, directement inspirée de la nature environnante, mer, montagne, forêt, neige et glace (le gris se veut sûrement citadin, mais en même temps, le ciel de Vancouver est souvent dans un beau dégradé argenté).
Donc pour être à la fois Olympique et Canadien, les « red mitains » c’est l’accessoire indispensable!
Dont acte:

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Tagué : Olympic Games, red mittens, vancouver, vancouver 2010
Dans la série “mes amis sont sur skype, et vous?”… reconnaissez-vous la personne avec qui j’ai papoté ce matin?

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Avant que j’arrive samedi dernier, tous mes amis de Vancouver m’ont dit: « surtout, prends un parapluie », « the must have? Rainboots, my dear »….
Nous sommes jeudi, et enfin il pleut. Enfin, c’est peut-être pas le bon terme, je veux dire. « c’est le temps habituel de Vancouver », m’explique Daphné, qui m’ouvre mon compte à la Royal Bank of Canada. « So far, you’ve been spoiled ». Vous avez été gâtée, elle veut dire. Gâtée-pourrie, oui, je confirme. Dimanche, petit tour en vélo le long des plages de West Vancouver, avec une vue de carte postale sur la ville. Comme première impression, difficile de faire mieux.
Daphné a 25 ans peut-être, ou un peu moins, difficile à dire. Elle habite dans le quarter chinois. Elle n’est pas une « morning person », comme elle dit, et en effet, son premier café de la matinée lui manque un peu. Si je n’avais pas fait attention, je me retrouvais vite fait originaire du Swaziland. Bon, c’est vrai que Swaziland et Switzerland, c’est pas bien loin, même si géographiquement, c’est pas la porte à côté non plus.
Ah, pour aller ouvrir mon compte bancaire, je devais obtenir le sésame canadien. Le SIN. C’est le social insurance number et sans le SIN, on ne peut rien ici, ni être payé, ni ouvrir un compte, ni travailler. Mes collègues au comité d’organisation des JO 2010 (je vous donne l’abréviation pour la prochaine fois, c’est le VANOC) m’ont dit « ouh la la la… good luck, vas-y tôt parce que tu vas attendre des heures ». Le SIN s’obtient à l’administration canadienne bien sûr.
- Euh, c’est où l’administration canadienne?, je demande.
- Sur Granville, tu verras, c’est pas facile d’accès, c’est en travaux en plus, ma pauvre
- Granville Street? oh nice, c’est la rue où j’habite
- awesome (génial), you’re spoiled, mais prend le temps qu’il faut, parce que tu verras (soupir)
Mon SIN, je l’ai eu en 5 minutes. Il faut dire qu’on était deux à faire la queue. Quand j’ai dit au jeune homme de l’administration que je croyais attendre des heures et que j’avais pris un livre pour passer le temps, il a sourit et dit, « c’est vrai que c’est bizarre, il n’y a personne ce matin, you’re spoiled »
Et que croyez-vous que mes collègues vont me dire quand je rentre au bureau?
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Tagué : 2010 Olympic Games, vancouver
Alors voilà, c’est parti!
En route pour la porte B32 de l’aéroport de Genève.George Clooney me sourit, fier de sa belle Omega. Moi j’ai des larmes plein les yeux.
Je me réjouis de retrouver Lucia qui sera ma famille pendant 4 mois. Et je pleure un peu parce qu’un mois avant l’arrivée d’Ivo, c’est interminable.
Ma valise et ses paquets mystères préparés par tous mes amis, je ne l’ai pas fait tout à fait moi-même, mais je ne l’ai pas dit à la dame de British Airways. J’embarque dans quelques instants. C’est décidé, j’ouvrirai mon premier paquet à Londres, au décollage.
A côté de moi, un ado écrit un sms, c’est fou ce qu’il ressemble à Loris. Même dégaine et cheveux en bataille, pull à capuche, blouson bleu.
18:30
Décollage de Heathrow. Je plonge sans regarder la main dans le petit sac que j’ai placé sous mon siège. Je pêche un petit cylindre tout vert. Le Chinois à la place 45K se demande ce que je fabrique. Il lit les pages sport du Daily Mail, mais je vois son oeil intrigué qui glisse de côté. Je déroule le papier… c’est une photo, non, deux.. et je reconnais immédiatement l’écriture de Joëlle au dos de la photo qu’elle a prise d’Ivo et moi lors de ce beau week-end aux Quatre Vents. A l’intérieur, un peu de liquide « pour boire à notre santé!», c’est écrit. Ça tombe bien, je viens de lire dans mon guide que je vais loger près de Gastown, où Vancouver est né, lorsque Gassy Jack Deighton, un ancien marin, a ouvert un bar en 1897 à l ‘attention des travailleurs des moulins de la région. Autour de son échoppe s’est développé un village, connu sous le non de Gassy’s Town, maintenant Gastown, un des quartiers animés de Vancouver. Il faudra que j’aille voir la statue de Gassy Jack, perché sur son tonneau de bière au croisement de Cordova et Water Street.
10:30, il reste 8:05 de vol et 6874 km jusqu’à destination. Ah, j’ai mis ma montre à l’heure de la côte pacifique. Nous survolons l’île de Skye, Aberdeen et l’Angleterre sont déjà derrière nous. Il fait -49 degrés dehors. Brr… Un verre de vin blanc dans une main (oui, je sais, c’est un peu tôt, mais c’est pas vraiment 10:30 non plus…), je découvre une enveloppe mauve avec des hirondelles et de papillons. Il y a un coeur sur le i de Muriel. C’est Marcia, c’est sûr. A l’intérieur, l’ange de la félicité pour m’accompagner. La carte déborde de tendresse et quelque part dans l’univers, une étoile qui brille rien que pour moi. Marcia chérie, merci, c’est tellement toi.
J’ai mis toutes mes pièces suisses et mes pennies dans l’enveloppe de l’UNICEF. Avec 1.65£ seulement, on finance les stylos et livres d’exercice de 9 enfants.
Vous savez ce que c’est un « Chicken Toscana »? c’est du poulet dans une espèce de sauce tomate tendance ratatouille sur un lit de penne. Bien sûr trop cuites, les penne, sinon c’est plus un menu d’avion. Ça me fait penser à Claudio qui dit « à table, à table.. vous savez ce que c’est les pâtes, quand c’est prêt, il faut les manger.. à table, j’ai dit..!!! » Une semaine déjà qu’il a pris les commandes de la cuisine du Tilleul avec Joëlle et Stéphanie pour ma fête-surprise de départ. D’ailleurs, en parlant de surprise, c’est l’heure!
Le packaging le plus étrange, un sac d’épicerie Duvoisin découpé et reconstitué en mini.. ça sent le Marie-Rose à plein nez. A l’intérieur un petit paquet rouge avec ma photo… God… du jour de mon mariage, je reconnais le chapeau rouge! C’est un mini magazine Fan2 plein de photos, mon portrait chinois, c’est trop joli. Il y a la loupe livrée avec le mag, c’est vrai que c’est écrit tout petit. Et me voilà propulsée future reine des potins des J.O. « la blondinette débarque à Vancouver » Elle a dû passer un temps de fou à le préparer… C’est sans doute pour ça qu’il n’était prêt que le jour de mon départ. Elle est venue m’embrasser et quelques minutes plus tard, j’ai vu Ivo glisser subrepticement un petit paquet de plus de ma valise de cabine…
12:40, encore 5:44 à voler….
The movie is over for fucking sake! « Looking for Eric », c’était. La carte m’indique que nous sommes au dessus du Groenland mais comme il fait nuit, je ne vois pas la glace. Je pense tout à coup à quel point c’est étrange que cette étendue immense et blanche s’appelle Greenland en anglais. Il est 21:42 à Servion, le rideau est tombé. C’est bientôt l’heure de la pièce montée… en attendant, je reprendrai bien un petit paquet, moi, non?
Une belle boîte carrée en tulle bordeaux. Très élégant. Un gros coeur qui « ding ». Le coeur est rouge, j’oublie de dire, avec une croix blanche dessus. Pas de petit mot? C’est le cadeau mystère…
13:45, une heure a passé sans que je m’en aperçoive. J’ouvre un paquet emballé dans les pages sports du Sonntags Zeitung. Dans le genre indice.. on fait pas mieux, hein Yves? Et bien c’est donc mon Bâlois préféré et son adorable Heidi qui m’offrent des bouchons. De Vaud à Vancouver, il n’y a qu’un pas. Sur le petit papier dans la boîte, un allusion que je ne comprends pas très bien me demande de ne pas oublier le pays de Vaud et ses beaux villages enneigés toute l’année… Vous parlez de Montpreveyres? Mais on y fait du vin, Môssieur, faut pas croire!
Par le hublot, on dirait que le jour se lève, comme si on rattrapait l’aube. Baffin Bay au nord de Montréal. Déjà le Canada, mais encore 4:23 de vol, pff….on distingue des montagnes enneigées à perte de vue.
Le soleil ne se lève ni se couche. Nous survolons le golf de Boothia au nord de Chicago. Encore 3:40 de vol. Je vois des Icebergs. Il fait -51, brr… dans la pénombre, des gros blocs de glace flottent dans une eau noir. Celui-ci ressemble à l’Australie. C’est un peu comme regarder les nuages.
Dans le petit paquet bleu, il n’y a pas de la graine de curieux mais un petit diary avec un mot de la belle et inimitable écriture d’Aline. Je rêve… il y a aussi 2 pages du journal de bord de notre voyage en Grèce, il y a 25 ans et 1 mois tout juste. Comme si on y était. Ce jour-là c’était la Crète, je vois, avec le bateau pour Rhodes qui n’arrivait jamais…. Moi je veux bien recommencer à écrire un journal, comme tu dis, Alinka, mais bon, si mon stylo me lâche.. ça doit être l’encre qui n’aime pas la pression à 10′000 pieds…
15:45. L’horizon est rouge encore. Au dessus des nuages, tout le monde dort, même le Chinois. Merci Claudio pour le petit livre de pensées en cas de coup de blues. J’ai pas sommeil. Il reste 1:46. Nous survolons les Rocky Montains. Ce paquet long m’intrigue… C’est un porte clé « pensami » de Stéphanie! Je vais donc penser à toi chaque fois que j’ouvrirai la porte de mon studio en rentrant le soir!
Il est plus d’une heure du mat en Suisse, et le jour tombe au Canada. Enfin, ça fait des heures qu’il tombe, il me semble.
Et voilà! Plus que 714 km. Nous sommes au dessus de Jasper. C’est tout plat, de grandes plaines désolées avant les montagnes. Le jour tombe. Je sais, ça devient répétitif. J’ouvre ma dernière enveloppe, une lettre « last minute » que m’a donnée Joëlle quand on s’est vues au Sayonara pour boire un ristrett’ et que ça sentait déjà la friture.
Oh..! Encore un mini truc tout au fond.. j’ai failli ne pas le voir. C’est Lolotte! Une clé USB avec plein de photos(?)
Mon voyage s’achève. En bas il y a quelques taches de lumière oranges, on dirait des hameaux perdus dans le paysage, tout petits. Le ciel est rouge mais le noir commence à l’emporter. Dans une heure, je serai à Vancouver.
Merci mes amis, le temps a passé en un éclair, et toutes vos pensées m’entourent et me tiennent chaud. D’ailleurs, où est ce que j’ai fourré mon écharpe? C’est pas le Chinois qui s’est assis dessus, au moins?
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Tagué : 2010 Olympic Games, vancouver
On est presque une trentaine. À côté de moi, un jeune homme tousse et dit « ça me saoûle déjà ». Il a peut-être 20 ans, 22 à tout casser. Il ressemble un peu au rappeur Stress, veut faire le rebelle. Ou peut-être qu’il l’est, en fait.
C’est dans un EMS que la séance est organisée, curieusement, et la salle est remplie de jeunes, sans doute à peine sortis des études pour la plupart. Le monsieur qui nous accueille est très chic, costard gris, cheveux gris. Il tente quelques phrases pour faire sourire l’assistance, à propos des téléphones portables, mais l’ambiance est tendue et personne ne sourit. On sent la préoccupation, et puis il y a ceux qui jouent les fiers. La jeune femme à ma gauche est toute jeune, c’est sa maman qui l’a accompagnée à l’entrée, jusqu’à l’ascenseur. Elle a serré le petit chien dans ses bras un peu fort « t’en fais pas, tout ira bien ». Sa fille l’a regardée avec un sourire triste de ses grands yeux pleins de mascara. Elle a posé sur la table devant elle son sac Gucci, et j’imagine qu’elle l’a acheté sur un marché en Italie, à Rimini peut-être ? Les vacances semblent bien loin.
Il s’appelle Dupont et vérifie les présences. Il a une petite soixantaine, mais en fait, il est tout jeune dans la profession, à l’ORP depuis seulement trois mois. Un métier en pleine expansion, on dirait. D’ailleurs, il y a une jolie dame blonde qui est au fond de la salle en observatrice. La dame qui doit faire la présentation est en retard. En fait elle remplace au pied levé une de ses collègues, qui est malade. La grippe A déjà ? Ou les risques du métier. La voici qui arrive enfin, un peu essoufflée, petit tailleur gris, chignon un peu strict, lunettes fines qui s’étirent sur les tempes, des lunettes papillon mais sans le soleil et les jupes vichy. Elle a le visage couvert d’un fin duvet de poudre, je sens cette odeur un peu douceâtre depuis le 2e rang. Elle lit les transparents au rétroprojecteur et parle gentiment, mais avec résolution. Je perçois un léger accent, sud de la France, il me semble. Elle a de l’énergie, on s’en rend compte. Un peu maîtresse d’école, de la vieille école, je veux dire. Très claire, très directe, elle a l’air compétente. Je relève la tête, la salle est maintenant pleine à craquer.
Le rappeur s’est endormi sur la table. Ou alors il préfère juste n’être pas là et s’isole dans sa bulle. Pourtant elle parle plutôt bien, Madame Brouillard. Quel drôle de nom. Remarque, elle a dit habiter Moudon.
Note: ORP c’est l’office régional de placement.
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Ma tante Paulette, enfin, je devrais dire, ma grande-tante Paulette a 94 ans. Je l’ai toujours connu petite (1m50), vive, vieille mais coquette, sourde et d’une mauvaise foi parfaitement confondante.
Elle a toujours marché plus vite que moi, que je sois enfant, adolescente ou adulte. Lorsque je l’accompagnais au marché, tante Paulette avait la manie énervante de traverser une rue à quatre voies dès que j’avais la tête tournée, malgré des voitures qui se suivaient sans interruption à plus de 80 km/h. Pas le temps de dire ouf et elle était de l’autre côté, et vous n’aviez aucune idée de comment elle avait fait. Pas de klaxon, pas de crissements de freins, on aurait dit qu’elle s’était téléportée au milieu d’une phrase. Il me fallait bien 10 minutes avant de trouver une petite faille entre deux autos pour la rejoindre sur l’autre trottoir.
Tante Paulette a vécu l’Indochine, et m’en a raconté les fêtes, les soirées dansantes au bord du Mékong, et les réceptions chez l’ambassadeur. Depuis toute petite, J’ai trouvé étrange combien différente était la description que mon grand-oncle faisait de la vie au Cambodge, de la menace des khmers rouges, des épidémies à l’hôpital de Phnon Penh et de la fuite précipitée des Français, puis plus tard, de sa correspondance avec son ami le Prince Sihanouk … on aurait dit que ces deux avaient vécu dans deux pays différents.
Je n’ai plus de grands-parents depuis bien longtemps, et la seule personne qui me reste de cette génération-là, c’est Tante Paulette. Elle a failli mourir ce printemps après une infection gravissime, mais on dirait qu’elle est indestructible. Je l’ai retrouvée ce week-end, dans sa maison médicalisée du sud de la France. Je ne l’avais pas revue depuis plus de deux ans. Elle ne m’a pas reconnue. Mais elle est dans une forme pétaradante, marche et râle sur tous ces vieux qui la côtoient dans son home et est telle que je l’ai toujours connue, minuscule, vive et sourde comme un pot. Sauf qu’elle ne m’a pas reconnue.
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